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Pêche du brochet : en rivière, en lac et en canaux.

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Le brochet en rivière.

Comment vit-il ?

A la sortie de l’hiver et au premier réchauffement des eaux, le brochet quitte les profondeurs pour prendre la direction des frayères et se reproduire. Ensuite, c’est le poisson blanc à son tour qui commence à se regrouper. Affamé par le frai, il s’en rapproche et en profite pour se refaire une santé. Le frai du blanc touchant à sa fin et suite au réchauffement continu des eaux, le brochet observé en activité de chasse va se faire plus discret en prenant ses quartiers d’été. Comme il a besoin de beaucoup d’eau pour se sentir en sécurité et qu’il apprécie les eaux fraîches, il prend résidence toute la saison dans une zone profonde, de préférence encombrée d’herbiers. Cependant, ce n’est pas là qu’il chasse. A cette époque, il quitte son repère pour venir s’embusquer le long d’un courant, en aval d’un rocher, d’un arbre mort, d’un gros herbier où le poisson fourrage vient également s’oxygéner et se nourrir. L’acte accompli, il regagne son poste, incognito. D’autres raisons peuvent expliquer ce comportement. L’une d’elles est qu’il aime s’assurer de sa dominance territoriale. L’automne venu, les données changent : l’air fraîchi entraîne une diminution de la température des eaux. La végétation aquatique, refuge important pour les poissons, disparaît progressivement. Le poisson blanc, présent un peu partout en été, se regroupe et quitte le courant pour se réfugier dans les zones plus calmes, proches des bords et des grands fonds. Son appétit grandissant, le brochet n’a plus le choix du poste. Le ventre vide, il recherche sa nourriture sur ces lieux et ainsi se mettra en défaut. C’est pour cela que l’on parle de frénésie du brochet à cette époque. Il faut en profiter car cette période, certainement la meilleure de l’année, ne dure généralement pas plus de trois semaines.

En résumé, nous le rechercherons :

Comment le traquer en rivière ?

Au printemps

Au poisson nageur.

La majorité des brochets en rivière sont pêchés au vif et hélas tués. Pourtant, l’utilisation de poissons nageurs permet au pêcheur de prospecter efficacement une grande partie des postes à brochet ainsi que de remettre ses captures à l’eau. La difficulté réside dans le choix du modèle. Par expérience, nous conseillons de choisir des poissons nageurs répondant aux qualités suivantes :

N’achetez pas ce qui est trop compliqué à utiliser, à mettre en action, ils sont fatigants, chers et finalement peu prenants. Nous les avons vidés de nos boîtes, pour garder uniquement ceux de la marque de son inventeur : Rapala. Parmi cette famille, nous utilisons pour la rivière :

Ceux-ci présentent les qualités citées et sont faciles à mettre en action. Le choix de la couleur reste également simple car en rivière, il faut rester naturel. Les tons P, BTR, BSH, TR et T sont suffisants :

Action de pêche.

Muni d’une canne de longueur 2,70 m équipée d’un moulinet de ratio 4 à 5 garni de tresse vingt centièmes, nous lançons trois quarts aval. Profitant du courant, notre poisson nageur est pêchant dès son contact avec l’eau. Il ne nous reste plus qu’à trouver la bonne vitesse de récupération tout en le travaillant par de petites tirées que nous donnons par un mouvement latéral du poignet. Nous pratiquons également la technique du "stop and go". Sur un bon poste à brochet, nous insistons. Il est fort possible qu’il craque après une dizaine de lancers.

Au poisson mort.

Pour tromper la méfiance du brochet au printemps, la pêche au poisson mort manié est certainement la méthode la plus meurtrière. L’activité du brochet à ce moment est intense et il est autant préoccupé par ce qui se passe sur le fond qu’en surface. C’est pourquoi nous le pêchons de deux manières différentes et n’hésitons pas de passer de l’une à l’autre.

Au poisson mort tourbillonnant.

Cette méthode est simple et efficace. Nous la pratiquons au moyen d’une ligne munie d’un triple n°4 monté sur un bas de ligne en métal tresse de 40 cm et d’un plomb chevrotine de 3 à 5 g pincé sur une agrafe à 40 cm du triple. Après avoir passé la boucle du bas de ligne par l’ouïe d’un poisson frais, nous piquons le triple en pleine chair en avant de la nageoire dorsale ou immédiatement derrière la tête. Dans cette pêche, nous utilisons des poissons ronds d’une dizaine de centimètres comme le goujon.

Action de pêche.

Nous pratiquons cette pêche vers l’amont et lançons dans les veines d’eau. Le courant nous aidant, ligne tendue, nous dandinons notre poisson en le faisant tourbillonner depuis le fond jusqu’à la surface et ainsi de suite. A l’attaque, le brochet saisit sa proie par le travers et s’arrête pour l’engamer. Nous lui rendons la main en baissant la canne et au moment où il repart, nous le ferrons.

Au poisson mort manié.

L’important dans la pêche au poisson mort manié est l’équilibre de la monture. Il faut que celle-ci permette au poisson mort de planer car le brochet y est sensible et ceci aussi bien dans 50 cm d’eau qu’entre les branches d'un arbre noyé. Pour répondre à ces critères, nous fabriquons nos propres montures. Nous incluons deux petites olives longues de 1,5 g sur l’agrafe lors de la fabrication de celle-ci. Le lest étant réparti à l’intérieur du poisson, nous obtenons une nage planante. Cette monture armée d’un seul triple n°4 garni de laine rouge est reliée à un avançon de 20 cm. Après avoir glissé l’agrafe à l’intérieur du poisson, nous piquons le triple sur le flanc du poisson entre la nageoire dorsale et anale. Les poissons morts fraîchement tués sont des gardons, des rotangles d’une dizaine de centimètres ou de gros vairons lorsque le brochet chasse dans les alevins.

Action de pêche.

Lorsque notre poisson mort est proche du repère à brochet, canne oblique, nous le manions en surface par des tirées latérales marquées par de brefs arrêts. Ainsi le poisson descend en prospectant toute la hauteur de l’eau. Avant de toucher le fond, canne haute, nous le récupérons en maniant plus rapidement par des tirées latérales plus amples, ceci jusque dans nos bottes et répétons trois fois l’opération. Nous pêchons aussi bien vers l’amont que vers l’aval.

En été.

Au gros vif.

Nous n’utilisons plus cette méthode car c’est une pêche qui tue. Cependant il faut reconnaître que la pêche du grand brochet au gros vif à cette période est productive. Elle s’effectuera sur les postes profonds auxquels il faut ajouter l’aval de toutes les arrivées d’eaux fraîches : ruisseaux, ruisselets, sources. Les postes se situent le long des couloirs fréquentés par les gros poissons blancs, chevesnes, barbeaux, mulets, voire la truite que le brochet recherche. Le vif étant nerveux et relativement lourd, l’utilisation d’une canne puissante et souple s’avère indispensable. Celle-ci sera équipée d’un moulinet débrayable garni d’une tresse 21 centièmes. Parmi les vifs utilisables, le chevesne et le gros mulet constituent des vifs exceptionnels. Ils sont présents à l’état naturel dans la rivière et leur forme en fait des proies faciles. D’autre part, lochés par le dos, ces vifs sont très résistants. Seul inconvénient : ils sont très nerveux et donc difficiles à maintenir sur un poste. Même s’il ne possède pas les caractéristiques d’un bon vif, le carassin, poisson assez trapu de teinte brunâtre et absent de nos cours d’eau moyens à l’état naturel, n’en demeure pas moins un des meilleurs appâts. Son intense activité une fois au bout d’une ligne à brochet n’y est certainement pas étrangère. Il est toutefois préférable de choisir parmi le poisson fourrage de la rivière.

Action de pêche.

Muni d’un gros vif, nous nous plaçons en amont du poste à prospecter et le laissons dériver au gré du courant. Lorsque le vif arrive au niveau du poste, nous le bridons, en force si nécessaire. A cet égard, l’utilisation d’une forte plombée s’avère utile. A ce moment, le vif sera d’autant plus pêchant et attractif qu’il travaille lentement. Si nous prospectons à l’aide d’un carassin, nous contournons le poste avec notre ligne ou le lançons au-dessus du poste, largement en aval de celui-ci. Ensuite, nous récupérons très lentement en marquant des temps d’arrêt durant lesquels nous débridons. Profitant de cet instant, le carassin repique vers le fond. D’arrêt en arrêt, le poste à brochet est sondé. L’attaque se traduit par un arrêt du flotteur. Le brochet serre fermement le vif dans sa gueule et le tue par broyage et étouffement. En fonction de la grosseur du vif, cela peut durer plus de dix minutes. Durant cette période, le brochet se déplace lentement pour regagner la couche d’eau qu’il occupait. Nous donnons du fil, canne à l’horizontale. C’est un moment très délicat car à la moindre erreur, le brochet recrachera sa proie. De même, un ferrage trop précoce conduira à un décrochage en cours de lutte, le brochet n’ayant engamé sa proie que partiellement. Une fois la période critique passée, le brochet démarre vraiment : c’est à ce moment que nous le ferrons. Généralement, le ferrage est suivi par un arrêt brutal du poisson, la ligne étant « clouée » sur place. Il s’agit alors de tirer lentement, mais en force, et le brochet ne tardera pas à redémarrer, engageant alors le combat.

A la cuiller non lestée.

Lorsqu’en été la pêche devient difficile parce que le brochet connaît un ralentissement alimentaire en raison de la température élevée de l’eau, nous nous consacrons à la pêche à la cuiller tournante. Nous jouons à ce moment sur l’agressivité du brochet. Chacun sait qu’il existe deux types de cuillers. Les unes sont plombées sur l’axe de la cuiller avec l’inconvénient que ce plomb n’est pas amovible. Elles sont très faciles à lancer mais très peu prenantes une fois à l’eau. Les autres ne sont pas plombées mais peuvent l’être en tête. C’est avec cette dernière que nous prenons le plus parce qu’une fois à l’eau, cette cuiller est très intéressante pour le brochet. Si celle-ci n’est pas plombée, lorsqu’elle est à l’eau, elle se balance tout en planant. Par contre, si elle est plombée en tête, elle plonge vers le fond en faisant travailler sa palette. Ces cuillers non lestées sont très faciles à mettre en action et ceci à récupération très lente. Ce sont de véritables cuillers à brochet. Beaucoup d’autres avantages peuvent être trouvés pour les cuillers non lestées. L’originalité de notre pêche à la cuiller non lestée est dans le montage de celle-ci par l’association en tandem leurre streamer. Ce duo est très pêchant par le fait que le streamer ajoute un effet très fluide à l'ensemble. Les brochets en raffolent et la poursuivent jusqu’à l’attaquer. Nous utilisons des palettes rondes pour les eaux calmes et les palettes longues ou tri faces pour les courants. En ce qui concerne le choix de la couleur des palettes, il sera classique : argenté le matin, cuivré à noir par temps ensoleillé, doré le soir et par temps venteux fluo. La couleur du streamer sera dans des associations de teintes : orange, jaune, bleu, blanc, noir et rouge.

Action de pêche.

Dans cette pêche, nous nous appuyons sur l’agressivité du brochet et le provoquons. C’est pourquoi nous prospectons beaucoup de secteurs pouvant l’abriter. Discrètement, nous les peignons mètre par mètre et insistons. La pêche est simple. Après avoir lancé vers l’aval à une distance maximum de quinze mètres, canne haute, nous récupérons de façon linéaire. C’est notre poignet qui donnera vie à notre cuiller, ceci par un petit mouvement de bas en haut. De cette façon, la cuiller aura une nage proche de celle d’une anguille. L’attaque se donne en deux temps. Le brochet, intrigué par le mouvement du streamer, le suit et ensuite, lors de la fuite du leurre, il le cueille.

En automne.

Pêche itinérante au vif.

Nous n’utilisons plus cette méthode car c’est une pêche qui tue. Novembre est là et avec lui les fortes pluies automnales conduisant aux crues. Ces premières crues provoquent le déplacement des poissons vers des zones situées à l’abri du courant, amortis créés par des obstacles divers : rochers, arbres morts ainsi que les grands calmes en bordure, les bras morts et les confluents. Le brochet n’échappe pas à cette règle, lui qui en plus assure sa pitance aux dépens du poisson blanc. Non loin de son refuge d’été, le gros brochet se réfugie dans un de ces postes, refuge qu’il regagne lorsque la décrue le lui permet.

Action de pêche.

Pour prospecter dans ces conditions, nous choisissons une ligne munie d’un flotteur coulissant, 10 à 20 g suivant la force du courant et d’un bas de ligne en métal tresse de 40 cm armé d’un hameçon ryder n°1. Le stopfloat sera réglé de sorte que le vif évolue à 50 cm au-dessus du fond. Après avoir lancé en bordure du courant, nous laissons dériver et en fin de coulée, nous ramenons lentement en prospectant les bords de la rivière. Durant cette prospection, nous travaillons notre vif par des retenues et des relâchés effectués en relevant la canne. Une bonne connaissance du poste prospecté est préférable. En effet, c’est à l’aplomb de la zone la plus profonde où est généralement embusqué le brochet que nous insistons, en marquant un arrêt prononcé. L’attaque survient généralement au premier passage et est semblable à celle décrite précédemment. Si le brochet se trouve dans la tranche d’eau que nous prospectons, elle se limite à un simple arrêt du flotteur. Une erreur d’appréciation à ce moment et il lâchera sa prise.

Choix du vif.

Celui-ci est capital pour la réussite de la pêche. Dans ces conditions de pêche de décrue, nous utilisons le gardon de fleuve pour les reflets argentés de sa robe, sa robustesse et son habitude à évoluer dans des eaux puissantes en recherchant le fond. Un autre vif intéressant pour ses nageoires est le rotengle. Les vifs choisis ont une taille comprise entre 15 et 18 cm.

En résumé, nous le rechercherons :

Pêchez-le de façon sportive et remettez-le à l’eau !