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Pêche du brochet : en rivière, en lac et en canaux.

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Le brochet et sa connaissance.

Morphologie, reproduction, croissance, longévité, tableau de Mona, ésociculture, facteurs météorologiques…

Esox Lucius.

Le brochet européen a trouvé son nom commun dans son ancestralité où par sa forme, il était cuit à la broche. C’est en 1758 que le suédois Linné, lors de la classification des espèces, le classe dans la famille des ésocidés et lui donne son nom scientifique d’Esox Lucius. Suivant les régions et sa taille, il prend différents surnoms révélateurs. Petit, le pêcheur le surnomme régulièrement brocheton ou encore sifflet. Adulte, il prend le nom de brochet mais aussi de grand bec ou grandgousier. Bien d’autres surnoms lui sont attribués suivant les régions. Il vit également dans toutes les eaux saumâtres légèrement salées comme la mer Baltique. On ne le rencontre pas dans les lacs de montagne ainsi que les eaux salmonicoles. Il est également absent de l’ouest de la Scandinavie, du nord de l’Ecosse, d’une partie de l’Espagne, des eaux du sud de la Dalmatie en Yougoslavie, du sud de l’Italie et de la Grèce.

Morphologie.

Après avoir lu plusieurs descriptions du brochet, c’est celle donnée par Jérôme Nadaud dans son ouvrage « La Pêche » publiée en 1955 aux éditions Larousse que nous vous livrons ici. Cet ouvrage est encore très remarquable et il nous replonge à une époque où la nature avait le dessus sur l’homme. Nous le recommandons.

Description du brochet.

« Le corps est très allongé en forme de fuseau; la tête se termine par un museau aplati ressemblant à un bec de canard. Sa bouche est largement fendue, armée de dents nombreuses, fortes, aiguës les unes fixes, les autres mobiles. Ces dents sont implantées sur les mâchoires, ainsi que sur la voûte et le plancher de la bouche. La tête est parsemée de trente-sept trous ou pores sensitifs. Ils sont de même nature et ont la même fonction que la ligne latérale. Les yeux situés vers le sommet du crâne lui permettent d’observer même lorsqu’il se repose sur le fond. La mâchoire inférieure est proéminente par rapport à la mâchoire supérieure. Les nageoires ventrales sont placées au milieu du corps; la dorsale, très en arrière, se trouve sur le même aplomb que la nageoire anale. La caudale a deux lobes échancrés et symétriques. L’ensemble donne l'aspect d'un magnifique poisson taillé pour la chasse.

Forme.
Forme courte: tête petite, corps massif et court, indiquant souvent une vie relativement calme avec une nourriture abondante.
Forme longue : tête grosse, corps allongé, reflétant généralement des difficultés pour subsister.
Le brochet d'étang est surtout un poisson court et lourd. Celui des rivières courantes et rapides est allongé et léger.

Coloration.
Très variable suivant le milieu. Le dos et les flancs sont vert jaunâtre, gris verdâtre, plus foncé sur le dos, plus clair et passant même au jaune sur les flancs, lesquels sont marqués de zébrures, de marbrures ou de taches ovalaires. Les nageoires sont de teintes claires avec des taches foncées. Le ventre est blanchâtre. Certains spécimens sont presque dorés, alors que d'autres se présentent de couleur vert bouteille ou brun foncé, suivant la provenance. Les individus d'eaux limpides ont des couleurs plus vives que ceux qui ont vécu dans les eaux troubles. Toutes ces variétés de forme et de coloration sont étroitement liées au milieu dans lequel évolue et se reproduit l'espèce, dont les caractéristiques sont héréditaires. »

Nous nous en tiendrons à cette description anatomique du brochet. Nous sommes incapables d’en dire plus mais par contre, nous allons zoomer sur certains détails morphologiques qui ont leur importance dans sa pêche.

Les nageoires.

Le brochet a un corps fusiforme qui se termine par un groupement de trois nageoires : anale, dorsale et caudale. L’ensemble lui donne une détente phénoménale lui permettant de bondir sur sa proie tel un ressort qui se détend. Sa vitesse de chasse est de 1,2 m/s au démarrage et de 13 m/s en pointe. Cette façon de chasser le fatigue très vite et restreint son champ d’action.

Fait pour chasser à l'affût, c’est le pêcheur qui doit aller le chercher sur son poste.

La bouche.

Celle-ci peut s’ouvrir largement. Sa hauteur d’ouverture nous indique la taille de la proie qu’il peut avaler. Le palais, les vomers, les maxillaires, la langue ainsi que les arbres branchiaux sont garnis de quelque sept cents dents recourbées vers l’intérieur.

Cette gueule impressionnante donne une idée au pêcheur de la taille des leurres qu’il peut utiliser.

Les yeux.

Contrairement à beaucoup de poissons, les yeux du brochet sont situés sur le sommet du crâne. Il a une vue binoculaire. Ceci lui donne une excellente vision vers le haut ainsi que vers l’avant mais nulle vers le bas. Son angle de vision est de 70°. Sur le côté, sa vue est monoculaire et mauvaise. Par contre, la grandeur de ses yeux nous indique qu’il perçoit très nettement les couleurs.

Il faut toujours lui présenter le leurre vers le haut en cherchant la couleur qui le rend agressif.

Ses pores sensitifs et sa ligne latérale.

Les pores sensitifs ou céphaliques situés sur la tête et sous la mâchoire inférieure du brochet sont des capteurs avancés de la ligne latérale. Ces organes fonctionnent comme de véritables échosondeurs. Ils assurent l’équilibre acoustique ainsi que la perception des vibrations. Grâce à ceux-ci, il peut localiser la position d’un autre poisson même sans le voir. Il a été prouvé en laboratoire qu’un brochet ayant perdu ses facultés visuelles pouvait très bien se nourrir.

Dès lors, il n'est pas étonnant que la vibration de certains leurres déclenche son attaque ou sa fuite.

Son odorat.

Les narines du brochet sont situées en haut du bec devant les yeux. Celles-ci sont reliées entre elles par un canal interne en U. Au fond de cette connexion se trouvent des capteurs sensitifs qui transmettent au cerveau des signaux que le brochet reconnaît.

C’est surtout en hiver que l’olfaction fonctionne le mieux.

Son estomac.

Son système digestif est composé d’un grand estomac extensible et d’un petit intestin. Ce n’est pas l’estomac qui nous indique la taille du poisson fourrage qu’il peut attaquer mais l’ouverture de sa gueule. Il peut ingurgiter un grand nombre de petits poissons qu’il digère d’autant plus vite que l’eau est chaude et rester plusieurs jours sans se nourrir. L’estomac vide, il peut également rester sans manger et amorphe.

Il faut savoir qu’il est possible de provoquer l’attaque d’un brochet en jouant sur son agressivité.

Sa vessie natatoire.

Celle-ci se situe tout le long de sa colonne vertébrale. Cet organe est particulièrement sensible aux variations de pression pouvant s’exercer sur la masse d’eau dans laquelle il vit.

La pression atmosphérique ainsi que l’attraction lunaire ont une influence sur l’agressivité du brochet.

Reproduction.

A la fin de l’hiver, les zones peu profondes se réchauffent plus rapidement et se chargent de matières organiques provenant de la décomposition des végétaux. Ce pourrissement végétal donne à l’eau une saveur particulière que reconnaît le brochet et qui déclenche chez lui la migration vers les frayères. En lac, il est établi qu’il revient là où il est né. Par contre, en rivière, seulement un brochet sur trois y revient. Ces zones de reproduction se caractérisent toutes par des eaux calmes, claires, oxygénées, peu profondes, riches en végétaux et en supports de ponte. Les mâles sont les premiers à arriver et les derniers à partir. Ils assurent ainsi la fécondation de toutes les femelles qui y viennent lorsqu’elles sont matures. Les conditions de réussite du frai sont liées à la stabilité des caractéristiques des frayères ainsi qu’à la température de l’eau qui doit être entre 7° et 10°. Si l’un des facteurs est perturbé ou si un coup de froid se donne lorsque le frai est lancé, celui-ci peut s’arrêter et dégénérer. Dans ce cas, les brochets en sortiront démis et les mortalités sont à craindre. De longues périodes d’inactivité seront observées par la suite.

Croissance.

Au début de son existence, le brocheton est planctonivore. Il se nourrit exclusivement de plancton. Au-delà de 3 cm, il est entomophage et se nourrit de petites larves d’insectes. A partir de 6 cm, il devient ichtyophage d’alevins y compris de ses congénères. A cet âge, il est cannibale. En écloserie, il n’est pas rare d’observer un brocheton de douze centimètres avaler un congénère de huit centimètres. De huit à douze centimètres, il est appelé sous le terme anglais de « fingerlings » ou chez nous « brochetons de six semaines » qui, en réalité, a deux mois et demi. Par la suite, il grandit à raison d’un à deux centimètres par semaine pour atteindre à l’automne une taille de plus ou moins vingt-cinq centimètres. Durant l’hiver, sa croissance est ralentie. Au printemps suivant, il reprend sa croissance pour atteindre à l’automne une taille de quarante-cinq centimètres. Il est alors âgé de dix-huit mois. A l’âge de deux ans, il acquiert sa maturité sexuelle. Un an plus tard, il aura atteint une taille d’environ cinquante-cinq centimètres. Sa croissance dépendra de la quantité de poissons fourrages ainsi que de la température de l’eau. Les eaux froides sont peu propices à son développement.

Sa taille maximale est de 150 cm.
Ici, 147 cm pris en Allemagne.

Tableau de Mona.

Avec ce tableau, il est possible de connaître approximativement le poids d’un brochet en fonction de sa taille.

Long.
(en cm)
Poids
(en Kg)
Long.
(en cm)
Poids
(en Kg)
Long.
(en cm)
Poids
(en Kg)
Long
(en cm)
Poids
(en Kg)
50 1,2 71 3,1 100 9 121 15,7
53 1,3 73 3,4 104 9,8 124 16,7
56 1,5 76 3,8 106 10,5 127 18
58 1,7 78 4,2 109 11,2 129 18,8
60 1,9 81 4,6 111 11,8 132 19,9
63 2 83 5 114 12,9 134 21
66 2,4 86 5,5 117 13,7 137 22,3
68 2,8 88 6 119 14,6 140 23,6

Longévité.

Dans un de ses articles concernant la connaissance du brochet, Mr.Chauveheid, médecin vétérinaire et passionné par l’ésociculture parle de la longévité du brochet. Voici ce qu’il nous en dit : « Quelques études ont été entreprises et concluent à une vie moyenne de douze à quinze ans. L’âge du poisson est généralement déterminé par scalimétrie, c’est-à-dire la lecture des anneaux de croissance sur les écailles, chaque anneau représentant une année. Toutefois, chez le brochet, cette méthode n’est pas fiable car on observe fréquemment des anneaux secondaires et la distinction entre ceux-ci et les anneaux annuels est difficile à établir. Aussi, la scalimétrie est-elle appliquée avec succès en lisant les anneaux concentriques, non plus sur une écaille, mais sur l’os de l’opercule branchial. Chaque anneau annuel est bien visible, hormis celui de la première année qui peut être obscurci et les anneaux secondaires sont facilement distingués des anneaux annuels. Cette technique a permis de vérifier l’âge de plusieurs centaines de brochets pêchés au filet dans les lacs hollandais. L’âge maximum constaté était de quinze ans ».

L’ésociculture.

A partir de 1970, en France et en Belgique, les populations de brochets commencèrent à décliner. Cette situation était liée à la difficulté que le brochet avait à se reproduire, à la disparition des frayères, au manque de gestion, à la surpêche ainsi qu’aux prélèvements des pêcheurs. Face à ce déclin, les pisciculteurs se sont intéressés de près au brochet et à son mode de reproduction. C’est ainsi qu’après la trutticulture naissait l’esociculture ou la pisciculture du brochet. D’expérience en expérience, il en ressort que la reproduction du brochet peut s’organiser de deux façons : la reproduction naturelle aménagée ou la fécondation artificielle.

La reproduction naturelle aménagée.

Dans un de ses articles sur la reproduction du brochet, Mr. Bordes Gilbert nous l’explique en quelques lignes : «Pour la reproduction naturelle aménagée, on laisse faire la nature en créant une frayère qui ne risque pas de se trouver à sec et où les larves sont à l’abri des prédateurs. Il suffit de disposer d’un étang d’au moins 1000 m² et profond de 40 à 60 cm. L’étang est à sec pendant l’été. L’herbe pousse. Au début de l’hiver, l’étang est mis en eau. Les reproducteurs sont déversés au mois de janvier et février, dès qu’on peut différencier les sexes, à raison d’un gramme de femelles par mètre carré : un étang de 1000 m² peut accueillir une femelle de 1000 g et deux mâles. On laisse faire la nature : les poissons se reproduisent eux-mêmes et sont enlevés après la ponte. Les larves se développent dans un milieu riche en plancton. Il suffit de surveiller leur croissance : au bout de 6 à 8 semaines, selon la température, ils ont pris l’aspect d’un brochet et mesurent 6 à 7 cm et commencent à s’entre-dévorer. C’est le moment de vider l’étang et de transporter les brochetons dans leur milieu d’accueil. Ce procédé permet d’obtenir dans un étang de 1000 m², 3 à 4000 alevins ».

La reproduction artificielle.

Celle-ci est proche de la reproduction artificielle de la truite. Cependant beaucoup de facteurs extérieurs ont dû être étudiés et maîtrisés pour réussir. Une fois fécondés, les œufs sont placés dans des bouteilles de Zoug et maintenus à une température de 10°. Au bout de 11 à 12 jours, les œufs éclosent. Les larves sont alors mises dans des bassins à une température de 10° durant une période de 15 à 18 jours, le temps nécessaire à la résorption du sac vitellin. Une fois celle-ci terminée, l’alevin trouve une nage naturelle. Il est alors placé en bassin ou petit étang riche en production planctonique. Après six semaines, il est devenu robuste et peut être déversé dans son milieu d’accueil à raison d’un brocheton tous les cinq mètres.

Le brochet et la météorologie.

La réussite d’une journée de pêche est souvent liée à la conjonction de plusieurs facteurs extérieurs : lune, pression atmosphérique, vent, température de l’air et de l’eau, coloration de l’eau et luminosité. Ces facteurs ne sont pas des handicaps mais bien des alliés avec lesquels il faut composer pour réussir.

La lune.

Actuellement, aucune étude se basant sur des statistiques n’a été faite mais l’influence lunaire sur le comportement du brochet n’est plus à démontrer. Il est reconnu que la pêche est très bonne durant les jours qui précèdent et suivent la nouvelle lune. Par contre, celle-ci est difficile lors de la lune blanche. Selon nous, l’explication réside dans le fait que la vessie natatoire du brochet est particulièrement développée et est un organe extrêmement sensible aux variations de pression sur la masse d’eau dans laquelle il vit. Lors de la nouvelle lune, il ressent certainement l’attraction lunaire qui est à son maximum et devient agressif.

La pression atmosphérique.

Elle conditionne l’activité des poissons et particulièrement celle du brochet.
Pression atmosphérique stable : l’activité du brochet est normale.
Dépression stabilisée sur la pluie et le vent : elle stimule l’activité.
Dépression stabilisée sur tempête : elle bloque l’activité.
Hausse de pression : si la variation a été brutale, le brochet retrouvera son activité après plusieurs jours.

Le vent.

La direction du vent est un élément important dans l’activité du brochet.
Vent du nord : il apporte des froids secs. Il est néfaste à l’activité du brochet.
Vents du nord-est et est : ils apportent en hiver des froids vifs. Il s’y habitue après plusieurs jours et redevient actif.
Vent du sud : il réchauffe les couches supérieures de l’eau en hiver. Il est favorable à ce moment à l’activité du brochet.
Vents du sud-ouest et ouest : le brochet est actif.
Vent du nord-ouest : il suit habituellement une forte dépression. Il apporte le calme et un ciel bleu. Il est défavorable à l’activité du brochet qui devient inactif.
Vents changeants : c’est néfaste à l’activité du brochet

Force du vent.

C’est inversement proportionnel. Plus le vent est fort moins il sera actif. Un vent léger de 10 à 15 km /h, donnant des vaguelettes, est bien pour lui chasser. Au-delà, le vent le dérange.

Tableau de conversion.

Beaufort Km/h Nœuds En eau douce
0 1 0-1 Vent calme
1 4 2-3 Vent léger
2 10 4-6 Vent léger
3 18 7-10 Vent modéré
4 25 11-16 Vent modéré
5 36 17-20 Vent frais
6 47 21-27 Vent frais
7 61 28-33 Vent fort

Température de l’air.

Cela dépend de la saison. Un réchauffement automnal ralentit l’activité. Par contre, en hiver, c’est généralement entre onze et quinze heures au moment où l’air est le plus chaud que le brochet est actif.

Température de l’eau.

Le brochet est dynamique et agressif si la température de l’eau est entre huit et quinze degrés. En dessous de huit degrés, il devient léthargique. Un réchauffement continu des eaux relance son activité. Au-dessus de quinze degrés, l’eau manque d’oxygène. L’activité du brochet est ralentie et seules les pluies peuvent la relancer. Dans les deux cas, le brochet recherche du confort en s’enfonçant dans les profondeurs.

Coloration de l’eau.

Celle-ci peut modifier son activité.
Eaux claires : son activité est normale mais il est très méfiant.
Eaux fortement piquées suite à de fortes pluies : il redevient actif lorsque les eaux s’éclaircissent.
Eaux piquées suite à l’action du vent sur des berges argileuses : activité normale.
Eaux piquées suite à la prolifération d’algues : après une période de transition, il s’y habitue et retrouve une activité normale.
Eaux tourbeuses ou couleur du thé : activité normale.
Eaux de neige ou de dégel : elles sont pauvres en oxygène et froides. Le brochet ne retrouve son activité qu’avec la pluie.

Luminosité.

Elle est surtout importante pour le pêcheur car c’est elle qui donne la couleur du leurre à utiliser. Pour le brochet, le soleil et l’absence de vent sont peu propices à son activité.

Ses cousins.

Saviez-vous que notre brochet n’est pas le seul représentant de sa famille ? Bien au contraire, celui-ci a six cousins en Amérique ainsi qu’en Asie.

Esox Masquinongy :

Le Muskellunge.

Plus connu sous le nom populaire de muskie, c’est le fameux brochet des Etats-Unis. Il est facilement reconnaissable par les taches foncées et verticales que porte sa robe. Beaucoup plus gros que notre brochet, il peut atteindre une taille de deux mètres pour un poids de 60 livres. Le record actuel est de 69 livres pris sur le Saint-Laurent en 1957 par Mr Arthur Lawton. Il est présent en Amérique du Nord dans la région des grands lacs tant du côté des Etats-Unis que du Canada. C’est un brochet très combatif.

Le Muskellunge Tiger ou Tiger Pike.

C’est un hybride issu d’un croissement d’une femelle muskie et d’un mâle lucius. Sa robe est zébrée verticalement. Incapable de se reproduire, il est remis dans les lacs américains où il grossit très vite sans présenter de danger pour le muskie. Le record actuel est 47 livres pris dans le Michigan. C’est un brochet agressif particulièrement intéressant à traquer.

Esox Niger ou Chain Pickerel, Vermiculatus ou Grass Pickerel, Esox Niger ou Americanus.

Ce sont trois petits brochets américains dont les poids sont de trois à cinq livres pour le Chain Pickerel, deux livres pour le Grass Pickerel et une livre pour le dernier. Ils sont facilement reconnaissables par une ligne verticale sombre sous les yeux.

Esox Reicherti.

Plus connu sous le nom de brochet du fleuve Amour, il est proche de notre Lucius et se différencie par sa robe blanche aux reflets argentés tachée de points noirs. Il est exclusivement présent sur le bassin du fleuve Amour en Asie.

Esox Lucius et son avenir.

En Belgique.

Grâce au fond piscicole et à différentes associations d’aide aux pêcheurs, le potentiel en brochets des cours d’eau wallons était resté satisfaisant jusqu’à la fin du siècle dernier. Depuis, à chaque automne, des hordes de cormorans envahissent les eaux et détruisent leur faune piscicole. L’un des premiers poissons à avoir été détruit est le brocheton. Aujourd’hui et malgré les efforts des sociétés, la prise d’un brochet au-dessus de la taille légale de 50 cm est considérée comme rare. Malheureusement, le pêcheur continue à le prélever et contribue sans le savoir à sa disparition définitive.

En Irlande.

Suite aux exigences européennes, les irlandais ont dû faire appel à de la main d’œuvre étrangère notamment lithuanienne, polonaise et allemande. Habitués à se nourrir de poissons blancs, ceux-ci ont littéralement écumé les lacs. Les stocks de brochets jugés importants jusque-là sont actuellement au plus bas, ruinant ainsi un important commerce halieutique.

Aux Pays-Bas.

Suite à la loi européenne concernant les travailleurs immigrés, ceux-ci se sont installés aux Pays-Bas, notamment les polonais. Depuis, la faune piscicole des canaux en carpes et brochets est en très nette diminution au grand détriment des pêcheurs hollandais qui ont fait du brochet, un poisson emblématique et protégé.

Le saviez-vous : en 1970 aux Etats-Unis, suite à la surpêche, le muskie avait failli disparaître. Devant cette gravité, les autorités le protégèrent en imposant la pêche aux leurres et en no-kill. Aujourd’hui, les stocks se sont reconstitués et sa pêche est devenue un must. A quand en Europe…

Prenez l’habitude
de le pêcher aux leurres en le remettant à l’eau !