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Pêche du brochet : en rivière, en lac et en canaux.

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Sessions automnales.

Cet automne a été à la hauteur de nos attentes. Pour le réussir, nous avions décidé de développer une pêche dynamique en rivière, en fleuve ainsi qu’en canal, ceci à raison de trois jours de pêche par semaine.

En Belgique, la pêche pratiquée uniquement en rivière avait été uniquement au leurre. Les résultats avaient été bons à la condition de pratiquer une pêche itinérante conduisant à la visite de postes très souvent oubliés. Nous avions également été étonnés par la rencontre de pêcheurs hollandais ravis et heureux de pouvoir y venir pêcher… Nous remercions et félicitons les différentes fédérations pour leur travail.

Aux Pays-Bas, en bateau, les eaux que nous avions l’habitude de prospecter (10000 hectares) avaient été de nouveau appauvries par la pêche professionnelle qui, cette saison, avait repris très tôt. C’était pourquoi, nous avions décidé d’oublier cet endroit pour pratiquer une pêche itinérante le long des canaux et polders. A chaque sortie, les résultats avaient été positifs. La condition de réussite avait été de mener une pêche rapide au leurre en parcourant un maximum de postes par sortie et ceci afin de trouver des poissons actifs. Toutefois, nous avions terminé sur une note d’inquiétude car sur tous nos lieux de pêche (marinas, canaux et polders), nous avions observé de nombreux cormorans en action…

Total des prises pour cette saison automnale : 181 : 71<70* cm ; 72<80 cm ; 25<90 cm ; 9<100 cm ; 3< 110 cm et 113 cm.

Durée : 22 jours de pêche.

70* supérieur à 65 cm.

Première sortie : 27/9.

Nous avions décidé de débuter par une pêche itinérante le long de canaux et polders hollandais. Dès nos premiers pas, nous avions remarqué que nous n’étions pas les premiers à y pêcher, les brochets étant d’une grande méfiance. A force de rechercher et de lancer, la première prise avait été réalisée en milieu de matinée au moyen d’un hard swimbait en teinte FT alors que les eaux étaient limpides ! En pratiquant une pêche rapide et soutenue, nous avions pu augmenter le nombre d’attaques et réaliser trois prises supplémentaires. En début d’après-midi, la pêche était devenue bizarrement très mauvaise. C’était à ce moment que nous avions été contrôlés et informés que nous n’avions pas intérêt à poursuivre sur ce lieu, les brochets ayant été vendus par les riverains…De même, il nous avait été conseillé de nous rendre sur un polder relativement proche. C’était là que nous avions terminé et réalisé quatre prises dont un 95+.

Total des prises : 8 : 3<70cm ; 3<80 cm ; 90 et 97cm.

Que s’était-il passé ?

Dès les premiers lancers, nous avions remarqué que les brochets étaient intéressés par nos leurres mais qu’ils n’étaient pas mordeurs alors que nous étions tout au début de la saison. L’explication était simple et tenait en deux mots : l’accoutumance. Ayant le bon leurre, nous avions dû rechercher deux choses : la couleur ainsi que notre attitude au bord de l’eau. Pour cette fois, la teinte FT avait été la teinte du jour. Quant à notre attitude, elle avait consisté à lancer peu en changeant rapidement de poste.

En ce qui concernait notre contrôle, celui-ci nous avait encore une fois révélé le comportement de certains pêcheurs. Ce qui avait poussé ici à la vente des brochets !

Deuxième sortie : 1 et 2 /10.

Pour ces deux journées aux Pays-Bas, nous avions décidé de passer la première en bateau. Celle-ci avait été très difficile en raison de la clarté de l’eau. En pratiquant, une pêche fine, nous avions pu réaliser quatre prises honnêtes mais sans plus, les deux bateaux hollandais nous avoisinant n’ayant pas fait mieux. Le lendemain, nous avions opté pour une pêche itinérante le long de canaux et polders. Elle avait été difficile en matinée et finalement très bonne en après-midi. Ce qui nous avait permis de réaliser quatorze prises. Ce qui avait fait de ce week-end, une session réussie.

Total des prises : 18 : 3<70 cm ; 11<80 cm ; 3< 90 cm et 91 cm.

Que s’était-il passé ?

En bateau, la pêche avait été très difficile en raison de la clarté des eaux ainsi que l’absence de vent. Heureusement, le poisson blanc était regroupé et déjà au plus bas des plans d’eau prospectés. Ce qui était très tôt. En insistant sur ces lieux et en pratiquant une pêche profonde, nous avions pu nous en sortir mais la déception avait été grande. Le lendemain à pied, il nous avait fallu attendre l’arrivée des vents forts d’ouest pour faire les premières prises et c’était en soirée que l’activité s’était montrée la meilleure. Nous avions utilisé avec succès les mêmes leurres que la veille en teinte FT.

Troisième sortie : 10 /10.

Cette fois, j’étais seul à sortir en rivière et en Belgique. Les conditions climatiques étaient des meilleures : léger vent d’ouest, pluie fine et froid. Mes premiers lancers au lever du jour avaient été couronnés de succès par une prise maillée. Cela m’avait étonné car j’étais sur un poste apparemment très fréquenté. Par la suite, la pêche ne donnant plus rien, j’avais décidé d’arrêter de visiter les postes à brochet afin de pratiquer une pêche itinérante. Là, les choses changèrent directement et les attaques se donnèrent continuellement. En fin de journée, le nombre de prises avait été de dix dont six maillées pour une vingtaine d’attaques. Certes, ces brochets n’étaient pas impressionnants mais difficiles à tromper et rebelles jusqu’au bout. Ceux-ci avaient été tous remis en parfaite condition dans leur milieu.

Total des prises : 6 : 6<70 cm.

Que s’était-il ? 

Visiblement, en ce début de mois, la pression de pêche avait été très forte sur les meilleurs postes. Beaucoup de brochets avaient payé le lourd tribut de leur vie aux pêcheurs locaux. Quant aux survivants, ils avaient quitté les lieux propices à leur existence pour vivre plus au large de la rivière. En pratiquant une pêche itinérante, il m’avait été très facile de les débusquer mais difficile de les faire prendre le leurre.

Quatrième sortie : 14 et 15/10.

Pour ces deux journées, nous avions pris la direction des Pays-bas afin de prospecter à pied de nouveaux canaux et polders. A notre arrivée, nous avions trouvé des eaux d’une limpidité assez exceptionnelle. Il avait fallu attendre la fin de la matinée pour que nous puissions réaliser deux 70+. Par la suite, nous avions dû patienter jusque quinze heures pour connaître un regain d’activité. A ce moment, nous étions le long d’un très vaste et profond polder balayé par des vents d’ouest. Ce lieu très prometteur ne nous avait pas déçu et nous avait permis d’engranger rapidement deux 80+ sur trois attaques. En le suivant, à la tombée de la nuit, nous étions arrivés à sa fin. Sur cet endroit, les eaux certainement poussées par le vent s’étaient finalement piquées. En peignant cet endroit, nous avions connu un moment fort. En moins d’une demi-heure, cinq très beaux brochets avaient été mis au sec dont 89 et 92 cm. Durant la deuxième journée encore plus ensoleillée et chaude (24°) que la veille, nous avions connu un très faible pic d’activité en fin de matinée, cela nous avait permis d’ajouter cinq prises. Par la suite, nous n’avions plus eu d’attaque malgré l’activité de la blanchaille.

Total des prises : 14 : 3<70 cm ; 6<80 cm ; 4<90 cm et 92 cm.

Que s’était-il passé ? 

Nous étions en plein été indien avec des eaux limpides. Dès nos premiers contacts avec l’eau, nous avions compris que la pêche allait être très difficile. Heureusement, nous avions eu un vent d’ouest de 3 bfts. Etant donné que nous étions en prospection, nous nous étions mis en recherche de polders ou petits canaux exposés au vent. C’était en fin de journée, au meilleur moment que nous avions trouvé et réussi en utilisant des leurres très figuratifs, ici le Savage Gear Line 3D Thru Roach 18 cm. Le lendemain alors que nous étions déjà à cinq prises, nous avions été en panne de vent dès l’après-midi ainsi que d’attaque. Dans ce cas, il avait été préférable de prospecter sans pêcher.

Cinquième sortie : 18/10.

Pour cette journée, j’avais pris la direction de la Semois luxembourgeoise pour y pratiquer une recherche du brochet sur des lieux autrefois très bons. Dans ses couleurs automnales, celle-ci m’avait parue encore plus belle et motivante à pêcher.

Sur les premiers postes visités dans la brume, l’activité avait été au plus bas. Il m’avait fallu attendre le milieu de la matinée pour déclencher les premières attaques. Il était midi au moment où j’avais abordé un excellent parcours. Visiblement, celui-ci avait été oublié par les locaux. En progressant, un 90+ s’était laissé voir. Mon premier lancer l’ayant mis en fuite, j’avais opté pour une pause d’une dizaine de minutes afin de l’aborder moins agressivement. En lançant loin devant et en ramenant lentement le leurre dans la coulée, il ne m’avait pas fallu répéter l’opération. L’attaque avait été immédiate. Le combat encore une fois avait été violent et typique à ces brochets de rivière. Battu, il s’était ensuite laissé venir et décrocher sans rechiner … En poursuivant sur ce secteur, j’avais été surpris par le nombre d’attaques. En fin d’après-midi, mon score avait été de douze prises pour huit maillées. Ce qui était magnifique alors que j’étais en Belgique ! Comme d’habitude, ils avaient été tous décrochés dans leur milieu et relâchés de suite.

Total des prises : 8 : 5<70 cm ; 2<80 cm et 92 cm.

Que s’était-il passé ? 

Les conditions de pêche étaient très bonnes : lune noire, vent léger d’ouest frisant l’eau et soleil d’automne. En trouvant un poste riche en brochets, cela avait été facile au moyen de leurres figuratifs, ici le gardon. Le fait d’avoir marqué une pause avait permis à ce magnifique brochet de se remettre en poste. Ceci est une règle de pêche.

Sixième sortie : 21 et 22 /10.

Pour ces deux jours, nous étions aux Pays-bas afin de visiter des polders dans des conditions bien automnales, vents forts d’ouest accompagnés de pluies fines. Dès nos premiers lancers, les brochets avaient répondu présents. En raison de la limpidité des eaux, la condition de réussite avait été de rester discrets tout en pratiquant de longs lancer ramener parallèles à la berge. Nous avions connu en matinée une très bonne activité au point qu’en tout début d’après-midi, nous étions à dix-sept prises supérieures à 65 cm. Par la suite, celle-ci s’était arrêtée et nous n’avions plus rien pris en dehors de quelques brochetons. Le lendemain, nous avions connu également pareille aventure mais là, les tailles avaient été nettement supérieures à septante centimètres. Quant au nombre de prises, il avait été de quatorze.

Total des prises : 31 : 14<70 cm ; 10<80 cm ; 5<90 cm ; 90 et 95 cm.

Que s’était-il passé ?

Après l’été indien, nous avions connu une chute des températures ainsi qu’un début automnal marqué par des vents tempêtueux d’ouest. Ce qui avait réveillé le brochet. En raison de la tempête annoncée, nous avions décidé de rester le long des polders. Les brochets avaient surtout été actifs le matin à la condition de les traquer au leurre. La teinte avait été capitale c-à-d naturelle.

Septième sortie : 25/10.

C’était dans des conditions automnales très douces que je m’étais rendu le long de la moyenne Semois. Après y avoir pêché plus ou moins huit heures, le nombre de prises avait été de sept pour quinze attaques. Cela m’avait donné deux brochets largement maillés de 71 cm et 84 cm. Ce qui était un très bon résultat. Encore une fois, c’était avec une envie de revenir que j’avais quitté ce paradis de pêche. Comme d’habitude, ils avaient été tous décrochés dans leur milieu et relâchés de suite.

Total des prises : 2 : 1<75 cm et 1<85 cm.

Que s’était-il passé ?

Les brochets pris étaient en poste de chasse. Les attaques avaient été très franches. Les autres, très méfiants, étaient nettement en retrait des berges. Provoqués, ils n’avaient pas pu résister à suivre et à taper sans mordre le leurre. Ce qui était classique pour des brochets habitués à être pêchés. Dans ce cas, il est difficile de répondre à un tel comportement. D’un point vue positif, cela signifiait que d’autres pêcheurs pratiquaient également le cash and release sur ces lieux.

Septième sortie : 28/10 au 2/11.

Pour notre session automnale, nous avions le choix entre l’Irlande ou les Pays-Bas avec une pêche en bateau sur les grands plans d’eau, les canaux ou les polders. En raison de son mauvais caractère lunaire, nous avions opté pour une traque au brochet à travers les polders. Notre objectif avait été de réaliser un maximum de brochets au-dessus de la barre des 65 cm.

Pour la première journée, les conditions climatiques avaient été exceptionnelles : vents d’ouest de cinq bfts accompagnés de pluies fines. L’activité rencontrée en matinée ainsi qu’en fin d’après-midi nous avait permis de réaliser au leurre souple dix-neuf prises dont 82cm, 2 x 84 cm, 87 cm et 90 cm. Durant cette journée, nous avions eu également droit à un contrôle de permis avec identification, au moyen du Visplanner, du polder où nous étions occupés à pêcher…

Lors de la deuxième journée, les conditions climatiques avaient évolué en notre défaveur : vents du nord accompagnés de très fortes rafales. Il nous avait fallu rabattre un maximum d’eau afin d’espérer trouver des brochets mordeurs, l’activité ayant été satisfaisante en fin d’après-midi. La trentaine d’attaques comptées nous avait permis de réaliser quatorze prises dont 84 et 87 cm. La condition de réussite avait été de lancer à contrevent et de récupérer en laissant porter le leurre par les vagues.

La troisième journée avait été à l’inverse de la veille : vent du nord-ouest de deux beauforts et soleil. Nous avions eu l’impression d’être au printemps. C’était en fin d’après-midi que nous avions connu une faible activité nous permettant de réaliser sept prises dont 81 cm.

Pour la quatrième journée, nous étions revenus dans de bonnes conditions climatiques : vent du sud-ouest de quatre bfts. Dès les premiers lancers, nous avions compris que nous étions dans une journée à gros brochets. En effet, c’était à son premier lancer que ma partenaire avait piqué un très gros brochet. Ce dernier véritable « Sumo » avait livré un combat en lourdeur jusque dans l’épuisette que nous avions heureusement avec nous. Ce magnifique spécimen était d’une longueur de 113 cm et d’une carrure assez exceptionnelle. Je n’avais pu que congratuler ma partenaire car elle venait de gagner un combat difficile et de prendre un véritable gros de gros.

Cette journée ne s’était pas arrêtée là car en milieu de matinée, nous allions connaître un pareil moment mais cette fois, l’auteur avait réussi à se libérer en cours de combat. Pour l’avoir aperçu, nous avions eu le sentiment qu’il était au moins aussi gros. L’activité s’était ensuite stoppée aux environs de midi. C’était à la tombée de la nuit que nous avions terminé sur un score de neuf prises dont 82 cm, 84cm et 113 cm.

La cinquième journée avait été très mauvaise en raison du fort ensoleillement ainsi que de l’absence de vent. Les brochets étaient sur le fond et inactifs. Nous avions réalisé sept prises juste au-dessus de soixante-cinq centimètres.

Durant la dernière journée, le manque de luminosité n’avait pas été favorable à la pêche. Il avait fallu attendre les légères averses en milieu d’après-midi pour les réveiller. A ce moment, nous avions pu réaliser quatorze prises dont cinq 75+.

Total des prises : 70 : 32<70 cm ; 27<80 cm ; 9<90cm ; 91 cm et 113 cm.

Que s’était-il passé ?

Pour cette session, nous étions dans une très mauvaise phase lunaire. Cela s’était fait fortement sentir au fil des jours. Ce qui avait été surprenant, c’était que nous avions connu une journée exceptionnelle à gros brochets alors que nous étions proches de la pleine lune. Ceci peut arriver. C’est souvent lié à une variation de la pression atmosphérique et aussi à des facteurs qui nous échappent. Toutefois, lors de nos sorties, nous sommes toujours attentifs à la vie animale bordant l’eau où nous pêchons. Celle-ci est souvent révélatrice de l’activité du brochet. Ici, elle était maximale.

Dixième sortie : 11 et 12/11.

Durant ces deux journées aux Pays-Bas, les conditions climatiques avaient été très mauvaises, vent du nord-ouest avec des températures en-dessous de la normale saisonnière (2 à 4°). Le premier jour, nous avions été invités par deux amis à prospecter un vaste plan d’eau en bateau. Que ce soit en lancer ramener ou en traîne maniée, la pêche avait été très mauvaise. Nous avions réalisé deux prises modestes. La deuxième journée, la pêche pratiquée en bateau avait été encore plus mauvaise. Pour nous sauver du capot, nous avions tenté en fin de journée une pêche itinérante dans la marina où nous avions mis à l’eau. C’était au dernier lancer que nous avions réussi la prise d’un très beau brochet portant de sérieuses morsures de cormoran. Après quoi nous avions regagné la Belgique dans des conditions diluviennes et hivernales.

Total des prises : 3 : 2<75 cm et 98 cm.

Que s’était-il passé ?

Au moment où nous avions accepté de pêcher en bateau un plan d’eau que nous ne connaissions pas, nous avions l’espoir de trouver de fortes concentrations de poissons fourrages et ainsi les brochets. Cela n’avait pas été le cas. Cette impossibilité associée à de très mauvaises conditions climatiques nous avaient été fatales durant les deux jours jusqu’au soir de la deuxième journée où nous avions localisé à pied ce que nous cherchions. Les brochets étant très méfiants, il nous avait été seulement possible de faire une seule prise !

Onzième sortie : 17 au 19/11.

Durant la première journée, le soleil et l’absence de vent avaient rendu la pêche très difficile jusqu’en début d’après-midi. A quatorze heures, nous étions à une seule prise métrée (101 cm). Ce qui était positif pour le peu d’activité que nous avions connu. C’était à ce moment que nous avions connu un début d’activité qui n’avait fait que croître jusqu’à la nuit tombante. Ce qui nous avait permis de réaliser huit prises supplémentaires dont 84 cm et 86 cm.

Lors de la deuxième journée, nous avions connu un changement de temps : vents forts d’ONO avec des rafales allant jusque 40 km/h et pluie. Les conditions étaient idéales pour le gros brochet. Dès les premiers lancers, ma partenaire avait très bien commencé par la prise d’un second métré suivi très rapidement par un autre qui lui avait échappé par malchance. Par la suite, nous avions changé de région mais là, l’activité des brochetons nous avait fait comprendre que c’était fini pour les gros. L’obscurité tombant vite, nous avions néanmoins pu réaliser cinq autres prises supérieures à 75 cm sur un secteur que nous ne connaissions pas. Ce qui était remarquable.

La troisième journée avait été précédée par une nuit pluvieuse. Au matin, les conditions climatiques avaient été moins favorables que la veille : vent faible de N-O et soleil. Cependant dès nos premiers lancers, nous avions connu un moment très fort sur un premier poste. Ceci s’était terminé par la prise d’un seul 70+. Après quoi l’arrivée du soleil avait coupé l’activité. A midi, nous étions sur un bon poste et le vent montant avait commencé à friser l’eau. C’était à ce moment que l’activité avait repris et nous avait permis de prendre le troisième métré de la session. Par la suite sur notre itinéraire, la déferlante de pêcheurs hollandais nous avait empêché de poursuivre comme nous l’avions imaginé. Nous avions à ce moment décidé de mettre fin à cette session exceptionnelle sur un score de vingt et une prises dont trois métrés à l’actif d’Anne.

Total des prises : 21 : 5<70 cm ; 10<80 cm ; 3<85 cm et 3<110 cm : 100 cm, 102 cm et 108 cm.

C’était à cette date que nous avions terminé notre année 2017 sur un score de 535 brochets dont trente-six 95+. Elle a été pour nous une année des records : records en prises, en taille et en métrés. 

Le mot de Laurent.

Bonjour Anne et Alex. Je sais que vous êtes très attachés tout comme moi à l’Irlande. Il est vrai que durant cette dernière décennie, la pêche du brochet n’était plus tout à fait ça. Je ne reviendrai pas sur les raisons de cet appauvrissement car vous les avez à maintes fois évoquées sur votre site.

J’avais pour habitude de me rendre chaque année en Irlande en début de printemps. Depuis quelques années, je dois dire que la réussite n’était plus au rendez-vous. C’est pourquoi j’avais décidé avec deux amis de placer notre session 2017 en automne et ceci en visitant durant deux semaines rivières et lacs du Comté de Cavan. Je dois vous dire que j’ai trouvé une autre Irlande où les résultats ont été au-delà de nos espérances. Cent soixante-neuf brochets ont été pris dont trois métrés ainsi que huit 90 +. Cela peut paraître peu mais il faut intégrer à cela les tailles ainsi que le nombre d’attaques et de décrochés. De plus, l’un de mes partenaires avait pratiqué uniquement à la mouche sans ardillon.

Je pense que les raisons de cette réussite ont été les conditions climatiques automnales. C’est pourquoi, je n’y retournerai plus au printemps. La pêche y est beaucoup trop aléatoire. Je dois également vous dire que nous avons croisé des pêcheurs irlandais qui nous ont certifié que l’Irlande redevenait bonne en brochet. Je pense que cela vous fera plaisir.

Laurent.

Rémy

Dominique.

Anne Barthélemi : Le brochet pour passion.

Propos recueillis par B. Chermanne et publiés en mars 2016 dans Le Pêcheur Belge.

 

Octobre 2015, 123 cm !

 

Au cours de mes presque 15 ans à la tête de notre magazine, je pensais avoir rencontré ce que l’on fait de mieux en matière de pêcheurs passionnés par la pêche du brochet. Comme je me trompais ! Depuis mon tête-à-tête avec Anne Barthelemi et Alex Delbecque, son coach et compagnon de vie, j’ai réalisé que certains pêcheurs peuvent aller encore plus loin dans la traque de ce poisson et dans l’envie d’en connaître toujours plus sur son comportement. Si, pour ce qui concerne Alex Delbecque, la concurrence est plus rude étant donné le côté plutôt masculin -et c’est peu de le dire…- de notre sport, pour ce qui concerne Anne Barthélemi, je suis certain d’avoir atteint le sommet en termes de passion pour le brochet et d’expertise dans la manière de le tromper. Il y a en effet peu de chance qu’une autre pêcheuse arrive à sa cheville dans notre pays, voire même à l’étranger, et son palmarès a de quoi rendre jaloux le plus féru de ses homologues masculins : près de 3000 brochets en 26 ans de pêche, dont un nombre incalculable de poissons dépassant le mètre. Rencontre avec un pêcheur au féminin hors du commun.

 

Le Pêcheur Belge : Anne, quand et comment as-tu débuté à la pêche du brochet ?

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours été attirée par les poissons. A la maison, nous possédions un aquarium de poissons exotiques et je ne me lassais pas de les observer. D’autre part, je suis attirée par la nature en général. Mes premiers essais à la pêche se sont déroulés en Espagne, lors de vacances familiales ; Mon père avait acheté des cannes et nous essayions d’attraper des poissons depuis le rivage, sur les rochers. Par la suite, lors de mes études de psychologie à l’université, à travers le cours d’éthologie animale, j’ai pu étudier de manière plus approfondie le comportement de poissons en aquarium. C’est là que j’ai découvert, notamment, les notions de dominance et de soumission chez les poissons. Tout cela me passionnait et me passionne toujours ! Un jour, alors que je me promenais au bord de la Semois, j’ai été intriguée par un pêcheur qui, visiblement, traquait le brochet. C’était Alex Delbecque, qui est depuis mon conjoint dans la vie. Cette rencontre fut évidemment capitale. Dans un premier temps, je me suis contentée de l’observer, ensuite, je me suis dit : « et si je me lançais moi aussi dans la pêche de ce poisson ? ». J’ai pris mon premier brochet en 1990 et depuis, je n’ai plus cessé de le rechercher. C’est devenu une véritable passion dévorante.

Le Pêcheur Belge : Qu’est-ce qui t’attire chez ce poisson ?

Son côté mythique, lié en grande partie à la place qu’il occupe dans la chaîne alimentaire. C’est le prédateur par excellence et ce n’est pas par hasard si on le nomme « Messire Esox ». Il m’attire également par sa beauté et par les moments de traque intense qu’il offre au pêcheur. Le fait de pouvoir leurrer un tel poisson et, ensuite, de le combattre m’attire énormément et me procure beaucoup de plaisir. Aujourd’hui, le plaisir de la pêche de ce poisson passe aussi par le fait de lui rendre la liberté et de le voir repartir dans son élément.

Le Pêcheur Belge : Quelle est ta technique de prédilection pour rechercher le brochet ?

Cela dépend si l’on pêche du bord ou en bateau.

Du bord, c’est le manié, soit au poisson mort, soit au leurre et plus précisément au leurre souple ou à la cuiller munie de nos streamers. Le manié m’intéresse davantage que des techniques plus stéréotypées, comme la pêche au jerk-bait par exemple. Je le trouve plus technique. Cela dit, depuis cette année, en matière de technique et de leurres plus modernes, j’ai trouvé mon bonheur avec les swimbaits, lesquels autorisent une pêche plus fluide et se révèlent particulièrement efficaces. Certains sont d’un réalisme saisissant lorsqu’ils sont en action.

En bateau, c’est principalement la traîne aux leurres. Mais attention, il s’agit d’une traîne maniée où nous travaillons notre leurre constamment. Il s’agit d’une pêche que nous pratiquons sur les canaux et en lac. Elle nous permet de localiser les endroits où se tiennent les poissons et la chose faite, nous passons au manié.

Le Pêcheur Belge : Quel leurre ou catégorie de leurres est selon toi plus efficace pour le brochet ?

Les leurres durs articulés, parce qu’ils émettent des vibrations. Et pour nous une valeur sûre en la matière demeure les poissons nageurs à bavette de la marque Rapala. Les leurres de cette marque se mettent en action tout de suite. Ils sont étudiés pour produire leur nage dès que l’on entame la récupération ou dès que le bateau se déplace. Ce n’est pas le cas de tous les leurres. Ainsi, si l’on doit essayer de comprendre la nage d’un leurre, ce n’est pas bon. Et chez Rapala, le « jointed » demeure pour nous une référence. Certains diront probablement que nous sommes plutôt de la « vieille école » … Mais les résultats sont là !

Le Pêcheur Belge : Dans cette catégorie de leurres, quelles sont les caractéristiques auxquelles il convient d’être particulièrement attentif ?

La densité. Pour le brochet, les leurres flottants sont de loin les meilleurs. Un poisson nageur flottant remonte dans la colonne d’eau lorsque l’on diminue la tension dans la ligne, c’est-à-dire lorsque l’on ralentit la récupération ou lorsque l’on diminue la vitesse de déplacement du bateau, voire lorsque l’on stoppe carrément la récupération. C’est de loin meilleur pour le brochet, un poisson qui s’intéresse à ce qui se trouve au-dessus de lui et se désintéresse complètement d’un leurre qui coule et disparaît ainsi de son champ de vision.

Ensuite, il y a le bruit, les vibrations. Lorsque les poissons sont plus agressifs, il convient d’utiliser des leurres qui émettent plus de vibrations. C’est généralement le cas au printemps et en automne.

Et enfin le choix de la couleur s’avère capital. Nous y reviendrons dans un article ultérieur.

Le Pêcheur Belge : Quelles sont selon toi les conditions idéales pour pêcher le brochet ?

C’est lorsque toutes les conditions favorables sont réunies…ce qui est assez rare.

Il faut avant tout tenir compte du calendrier lunaire. Qu’on le croie ou pas, la lune exerce une influence sur les êtres vivants qui peuplent notre planète. Le brochet, poisson bourré de capteurs, y est particulièrement sensible, sans doute à travers l’influence qu’a la lune sur l’air et plus précisément sur la pression atmosphérique, tout comme elle a une influence sur l’eau, elle qui génère les marées. Avec l’expérience, nous nous sommes rendus compte que ce facteur est capital. En la matière, la lune noire est le moment le plus propice. La lune blanche est par contre très mauvaise.

Puis, il y a la température de l’eau. La plage de température idéale pour le brochet se situe entre 11 et 15°. C’est sa plage de confort thermique et c’est à ce moment qu’il se nourrit le plus régulièrement. Plus il fait chaud, plus le brochet gagne les profondeurs à la recherche de sa zone de confort…et plus il est difficile à tromper.

Les poissons n’aiment pas les variations brutales de la pression atmosphérique. Il est préférable toujours de se rendre à la pêche lors d’un régime de pression stable.

Puis vient la direction du vent. Le vent du nord et le vent d’est ne sont pas favorables. Lorsque ces vents soufflent, le brochet se contente tout juste de se nourrir, généralement tôt le matin et tard le soir. Il ne reste pas actif durant la journée. Les vents du sud, du sud-ouest et d’ouest sont bons. Enfin, il y a aussi l’intensité du vent. Nous nous sommes rendus compte que le brochet est moins actif lorsqu’il y a trop de mouvement dans l’eau, sans doute parce que les conditions de chasse sont alors plus difficiles pour lui. Le brochet n’aime pas de « louper » trop souvent sa proie. Comme tout animal sauvage, il n’aime pas les dépenses d’énergie inutiles. Au-delà de 3 beauforts, ce n’est généralement pas bon.

Le Pêcheur Belge : Les Pays-Bas ont aujourd’hui ta préférence et il semble d’ailleurs que tu t’y distingues. Ce pays est-il à ce point un Eden de la pêche du brochet ? Quelles sont les raisons ?

La Semois a été un Eden et ne l’est plus. Le cormoran en est la cause. Alex tout d’abord et, ensuite, Alex et moi l’avons pêchée de manière intensive et avec succès. Selon nous, elle constituait chez nous l’école par excellence pour l’apprentissage du comportement du brochet et de sa pêche. Nous nous sommes ensuite tournés vers l’Irlande, qui n’est plus également ce qu’elle était à l’exception des grands lacs, ceci étant dû à l’afflux de pêcheurs venus de l’est, des pêcheurs qui, il faut bien le reconnaître, remettent rarement un poisson à l’eau…Cet afflux de pêcheurs de l’est est lié au développement économique qu’a connu l’Irlande, alors avide de main-d’œuvre. Cela dit, nous continuons à nous y rendre car nous avons des amis sur place et parce qu’elle demeure malgré tout une bonne destination pour le brochet vu son énorme potentiel en biotope aquatique préservé.

Puis, nous avons effectivement abouti aux Pays-Bas, destination où nous nous rendons le plus souvent à présent vu sa proximité et sa richesse en brochets. Il y a tellement d’eau dans ce pays…Son potentiel en brochets est tout simplement fabuleux, d’une part grâce à ses milieux aquatiques nombreux et préservés et aussi parce que le brochet y est protégé en maints endroits. Mais attention, la pression de la pêche y est de plus en plus forte et la pêche devient difficile par endroits.

Le Pêcheur Belge : Quelle est selon toi la principale qualité que doit posséder un pêcheur pour réussir ?

La condition est de pêcher où il y en a ! Il n’y a que l’expérience qui peut donner une assurance de ce côté. Lorsqu’ils sont là, on les prend.

Le Pêcheur Belge : Câble ou fluorocarbone pour le bas de ligne ? Tresse ou nylon pour le corps de ligne ?

Je n’aime pas trop le fluorocarbone car j’ai perdu énormément de gros poissons par casse en l’utilisant. Je précise bien par casse et pas par coupure du fil. Mais comme il convient d’être de plus en plus discret étant donné la pression de pêche croissante, je suis obligée de l’utiliser mais c’est toujours avec une certaine appréhension. Je redouble alors de vigilance en matière de réglage du frein et d’intégrité du bas de ligne après le combat.

Pour ce qui est du corps de ligne, notre choix se porte systématiquement sur la tresse et ce, sans discussion et avec un diamètre jamais inférieur au 21/100. Outre sa plus grande résistance par rapport au nylon, la tresse est inélastique, ce qui garantit une bonne transmission des touches parfois très subtiles.

Juillet 2017, 130 cm et l’aventure continue…

Le mot d’Anne et Alex.

Deux mille dix-sept a été pour nous l’année des records : records en nombre de prises, en 90+ ainsi qu’en taille.

En Irlande, notre séjour avait été difficile en raison du moment et de la mauvaise logistique que nous y avions trouvés. A moins d’y consacrer un très gros budget, cela fait partie de sa pêche…Toutefois, nous y avions eu beaucoup de plaisir et nous l’avions quittée avec une seule envie d’y retourner.

Aux Pays-Bas, nous y avions trouvé notre bonheur. Les conditions de réussite avaient été de s’y rendre régulièrement et de pratiquer une pêche rapide à la recherche de poissons mordeurs. A ceci, nous ajoutons que la pression de pêche tant professionnelle que sportive y est toujours très forte et que nous avons constaté un très fort impact des cormorans tant sur le poisson blanc que sur les brochets. C’est pourquoi nous restons réservés sur l’avenir …

En Belgique, nous avions été très impressionnés par le travail des fédérations et surtout par le changement de mentalité des pêcheurs. La pêche du brochet y devient pour beaucoup un loisir sportif pratiqué avec le respect du poisson.

Total des prises 2017 : 535 : 220<70* cm ; 230<80 cm ; 49<90cm ; 22<100 cm ; 12<110 cm ; 113 cm et 130 cm.

Durée : 57 jours de pêche.

70* : supérieur à 65 cm.