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Pêche du brochet : en rivière, en lac et en canaux.

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Irlande 2007.

Un brochet

Jusqu’à l’automne deux mille cinq, nous étions habitués à pêcher le brochet avec succès dans la région du Monaghan. Après quoi, la pêche avait décliné. Les prises étaient très souvent inférieures à septante centimètres. Durant cette session, nous avions réalisé cent deux prises modestes.

Où étaient-ils passés ?

A partir de 2000, l’Irlande avait connu un développement urbain très important. Pour le réaliser, les irlandais avaient fait appel à une main d’œuvre étrangère notamment lithuanienne. Ces personnes avaient littéralement colonisé l’Irlande. Pêcheurs et braconniers sans loi, ils avaient vidé rivières et lacs au moyen de trimmers, cordeaux et filets dérivants. Nous en avions été les témoins à plusieurs reprises.

Qu’en faisaient-ils ? Tous les poissons pris : gardons, brèmes, tanches…perches et brochets étaient mis en filets, fumés, et vendus…

Devant l’absence de réaction des autorités irlandaises, une association de défense du brochet nommée « Irish Federation of Pike Angling Clubs » s’était créée : http://www.angling-in-ireland.com . Cette association avait pour but de tracer l’historique du brochet irlandais en rappelant la loi, les moyens légaux concernant sa pêche ainsi que les bonnes manières pour le décrocher et le remettre à l’eau.

Irlande 2008.

Un brochet

Dès l’aéroport de Dublin, nous avions découvert une Irlande agitée par son développement économique et nous avions eu difficile de retrouver nos repères, ceux-ci étant anéantis par une urbanisation excessive…

Pour cette session printanière, les conditions climatiques avaient été dures : froid, pluie, vent et peu de soleil. Notre score avait été de septante et un brochets avec un 100+.

Peter Lynch, un guide sympathique de la région de Monaghan, nous avait confié sa grande inquiétude concernant l’avenir de la pêche dans sa région : « Les stocks de brochets sont anéantis. Il ne reste plus que des petits brochets et ceux-ci sont dispersés. Chaque semaine, je retire des filets dérivants. La loi irlandaise s’est durcie. Tout contrevenant risque de gros problèmes dont la confiscation du véhicule. Cependant, cela ne semble pas arrêter le braconnage. Il y a trop peu de gardes et la police ne s’en occupe pas… ».

La fin d’un paradis.

Ce printemps 2008 avait été décevant pour beaucoup. Voici quelques témoignages alarmants :
  • Notre dernier voyage de fin avril 2008 est à oublier rapidement. Ce qui n’empêche de se poser quand même certaines questions. Notamment quant à la pertinence de futurs séjours en Irlande : la vie devient vraiment chère d’année en année (plus qu’en Belgique) et maintenant, le poisson vient à y disparaître du fait de la pression du braconnage. Cela fait vingt ans que je pêche avec mon père les lacs de la région de Cavan. Cette année, le bilan est désastreux et même calamiteux : 12 brochets (souvent des brochetons) sur 6 jours de pêche. Nous n’aurions jamais pensé enregistrer une telle déconfiture…C’est une véritable claque. Il ne reste plus rien.
  • Je suis français et vous donne des nouvelles de notre décevant séjour 2008 en Irlande ! Depuis 6 ans, je ne pêche plus le brochet qu’à la mouche. Cette année, j’ai été dans l’obligation de reprendre le manié et les leurres pour toucher de trop rares poissons. Nous avons pris à trois, 119 poissons en 11 jours de pêche avec 89 cm pour le plus gros. Où sont nos 100 brochets par semaine et par pêcheur des années 80 ??? Pour nous, la décision est prise. Après 24 ans de fidélité à l’Irlande, nous arrêtons. Pour terminer, je vais prochainement faire un courrier à l’office du tourisme irlandais. Il faut que les choses changent sinon l’Irlande ne restera plus pour nous qu’un souvenir.
  • Salut Anne et Alex. Je reviens d’Irlande ce week-end (20/7/2008). En effet, sur un an de temps quel changement et que d’inquiétudes pour cet Eden de la nature ! ILS SACRIFIENT TOUT ! L’Erne a subi une pollution assez importante dès sa partie navigable, de plus d’énormes taches d’huile et des bouteilles en tout genre y flottent. Finis les abris à canards ! Ceci dit les lacs et grandes étendues de l’Erne me semblent déserts de gros brochets. Nous avons bien pêché au manié en plein courant uniquement et en tête de ceux-ci. Tout ceci pour vous dire que la pêche au filet me semble étendue sur les endroits faciles. La coïncidence est flagrante. A Cavan, un petit lac magnifique a également et tout simplement été éliminé. L’année prochaine, il y aura sûrement une nouvelle industrie ou des magasins sur ce site. Je ne donne plus beaucoup de temps à l’Irlande avant de tomber dans une catastrophe pourtant décriée, 10 ans au grand maximum ! Je pense pour ma part ne pas vouloir assister à ce désastre et y être allé pour une dernière fois avant un bon moment. L’Irlande m’a blessé...

A ce moment, pour espérer réussir en Irlande, il était conseillé de s’orienter vers des organisations surveillant leurs lieux de pêche généralement de très grands lacs.

Irlande 2009.

En raison du désastre causé par les slaves, nous avions réduit nos séjours irlandais à une session printanière par an dans le comté de Monaghan. Sur place, les lacs avaient perdu de leur caractère halieutique au profit du ski et banane nautique… Le matériel destiné à la pêche était quant-à-lui totalement hors d’usage. Devant cette situation chaotique, beaucoup d’habitués oublièrent l’Irlande et sa pêche du brochet.

En dehors des lacs où les échosondages avaient révélé la présence de poissons, la pêche avait été mauvaise tant au mort manié qu’à la traîne. Cinquante-trois prises avaient été réalisées mais aucun brochet correct n’avait été remarqué.

Pourtant certains rapports printaniers n’étaient pas aussi dramatiques. Ceux-ci avaient renseigné les prises de plusieurs gros brochets au-dessus du mètre sur la côte ouest dans le comté de Cork, cette région étant gérée et surveillée par le South Western Regional Fisheries Board, la pêche étant pratiquée uniquement aux leurres.

Irlande 2010.

Cette année avait été pour nous une année d’espoir où nous avions commencé à retrouver une Irlande plus traditionnelle. Les conditions climatiques avaient été exceptionnelles. Nos résultats le furent également. De cette expérience, nous en avions déduit que la réussite d’une session printanière au brochet dépendait essentiellement des conditions climatiques ainsi que de l’activité du poisson blanc boostant littéralement celle du brochet.

A notre arrivée à Dublin, nous avions trouvé un temps tout à fait printanier, ensoleillé et légèrement venteux. Pourtant cet hiver avait été particulièrement dur et long en Irlande. Dur parce qu’il avait fait très froid au point que dans la région du Monaghan, les eaux des lacs avaient gelé dès le début janvier. Ceci était rarissime pour l’Irlande. Long car à notre arrivée, début avril, la nature était encore bien engourdie et le frai n’était pas terminé. La semaine précédant notre arrivée, il avait encore neigé. C’est par une traîne lente au leurre dur que nous avions débuté. Après une heure de navigation, les premiers brochets avaient été localisés. Ceux-ci se tenaient à plus de vingt mètres de la rive à une profondeur de deux mètres. Les attaques sur nos leurres avaient été brutales et parfois difficiles à gérer… A partir de la quatrième journée, nous avions connu une forte hausse des températures. Alors que nous étions occupés à observer les bordures, nous avions constaté que le poisson blanc était occupé à remonter des fosses et avec eux les brochets qui s’en donnaient à cœur joie. Cela avait été une journée exceptionnelle ainsi que les autres jours. Notre score avait été de cent quinze prises. Ce qui nous avait rappelé l’Irlande des années d’avant deux mille cinq mais notre séjour ne s’était pas arrêté là !

Un brochet

Alors que nous avions bouclé nos valises, nous avions pris connaissance par la B.B.C. de l’éruption volcanique en Islande. De même, Ryanair nous avait informé de l’annulation de notre vol retour en reportant celui-ci au vingt-huit avril. Sans le vouloir, nous étions repartis pour un très long séjour. A ce moment, nous avions revisité les lacs. Sur chacun d’eux, nous avions retrouvé des brochets boostés par ces premières chaleurs printanières et encore plus agressifs. A chaque fois, les attaques n’avaient pas tardé ainsi que les prises de toutes tailles.

Nombre de prises : 277 : 48<60 ; 125<70 ; 62<80 ; 32<90 ; 8<100 ; 2<110 et 116 cm.

Durée : 16 jours de pêche.

Anecdote.

Un brochet

L’avant-dernier jour, nous avions eu le plaisir de rencontrer
à la mise à l’eau un équipage irlandais
venu spécialement de la mer pour pêcher le brochet…

Un brochet

Ceux-ci nous avaient demandé
si nous avions fait bonne pêche durant notre séjour et s’ils
pouvaient pêcher en notre compagnie !

Un brochet

En souriant, je leur répondais que nous étions actuellement
à 242 prises en 14 jours de pêche et que nous
serions très honorés de pêcher en leur compagnie sur ce lac
que nous n’avions pas encore pêché…
Ebranlés, ils s’appuyèrent sur leur bateau… et nous répondirent
qu’ils préféraient aller pêcher un autre lac !

Irlande 2011.

L’Irlande avait connu un mois de décembre très froid au point que certains lacs pour la deuxième année consécutive avaient gelé. A notre arrivée, début mars, il avait encore fait froid et les vents soutenus d’ouest avaient atteint les 50 km/h en pointe.

Lors de la première journée, nous avions pêché un petit lac au mort manié en présence de deux anglais. Sachant que ceux-ci avaient décidé de pêcher au jerk, nous avions opté pour une pêche au mort manié. Rapidement les attaques et les prises nous avaient mis en confiance. Pendant ce temps, les anglais avaient insisté au jerk mais sans résultat. Ceux-ci avaient espéré certainement la présence de gros brochets sur les frayères qu’ils avaient peignées. Au milieu de l’après-midi, alors que nous étions à huit prises, nous avions eu l’attention attirée par un pêcheur à l’anglaise. Celui-ci avait bien réussi et depuis une demi-heure, il avait été contraint de refaire régulièrement ses lignes. Nous avions compris rapidement que des brochets étaient sur son coup. Lui proposant notre aide, il nous avait expliqué que sa partie de pêche s’était transformée en un lunch garden pour brochets et que nous étions les bienvenus. Le bateau ancré, nous avions peigné son poste au mort manié. Les brochets avaient répondu rapidement. Le soir venu, notre score était de quatorze prises… Par la suite, la pêche s’était améliorée et nos scores avaient dépassé les quinze prises par journée.

En fin de session, nous avions décidé de pêcher un des lacs visités en 2010. A cette époque, il était redevenu bon et la population en brochets était prometteuse. Les conditions climatiques n’étaient pas des meilleures mais bien irlandaises : pluie, soleil et vents forts avec des pointes dépassant les 40 km/h. Dans ces conditions, nous n’avions pas hésité de l’attaquer à la traîne. Le moment fort de cette journée, nous l’avions eu en soirée lorsque le vent était monté ainsi que l’agressivité du brochet. Ceux-ci étaient sur des zones très rocheuses rendant la navigation périlleuse. Tandis que le bateau était maintenu à contre vent ma partenaire les avait attaqués au mort manié. C’était ainsi qu’à son grand bonheur, elle avait réalisé en moins d’une heure et demi onze prises. Le dernier poisson nous avait inquiété car il avait un côté totalement abîmé. S’agissait-il de brûlures causées à la fonte des glaces ou de blessures causées par des filets dérivants ? La réponse, nous l’avions eue le soir non loin de la mise à l’eau en découvrant d’importants restes de filets dérivants cassés !

Durant cette session, cent douze brochets avaient été pris mais aucun métré n’avait été remarqué.

Cela continuait !

Un brochet

Robert Schaff.
Jamais, je n’ai vu pareilles choses !

Ma dernière saison irlandaise fut très positive au printemps cependant il me reste une triste image en tête. Un matin, j’avais décidé de pêcher en dérive au mort manié, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir au bas des arbres d’importants restes de filets dérivants ! Cela ne s’arrêta pas là car un peu plus tard, c’étaient de longs cordeaux garnis d’hameçons que je remontais… Lors de ma session automnale, j’ai de nouveau constaté les mêmes méfaits.

Irlande 2012.

Durant les mois de janvier et février, le climat a été hivernal avec quelques moments plus doux. Les fortes pluies ainsi que les vents forts avaient rendu la pêche du brochet difficile. Néanmoins, quelques beaux brochets dépassant le mètre avaient été réalisés au poisson mort décollé ou dérivant. En mars, le frai du brochet avait commencé pour battre son plein à la fin du mois. C’était à cette époque que deux connaissances françaises se trouvaient en Irlande pour leur quinzième session de douze jours. Durant cette période, ils avaient connu des conditions météorologiques hors du commun : eau à 12°, vent léger et eaux basses. En pêchant leurs endroits, ils avaient réalisé cent septante prises.

Durant notre séjour, la météo avait été plutôt hivernale que printanière. Certains jours avaient été même marqués par des averses de pluies froides accompagnées de grêle. Néanmoins, malgré ces difficultés, nous avions connu une session exceptionnelle en réalisant en sept jours de pêche cent soixante-deux brochets.

Dès notre arrivée, nous avions été surpris positivement par l’accueil du propriétaire de notre self-catering qui nous avait accueilli avec un bateau en parfait état et équipé d’un moteur neuf. Nous nous étions rendus directement sur un premier lac afin de juger de l’agressivité du brochet. Nous avions été étonnés par la rapidité des attaques. Celles-ci n’étaient pas franches mais suffisantes pour réaliser huit belles prises en trois heures de pêche. Le lendemain, nous avons poursuivi par une pêche à la traîne au leurre dur. Facilement, nous avions engrangé les prises. A la fin de cette première journée, notre compteur avait affiché les vingt-trois prises dont un 90+. Le deuxième jour avait été pareil. Le troisième, quant à lui, avait été marqué par un vent fort soutenu de sud-ouest. Nous avions commencé à la traîne. Alors que le brochet était très actif, nous avions connu un arrêt d’activité. Avions-nous dérangé les brochets, avions-nous pris ce qu’il y avait à prendre ou y avait-il plus gros de sortis ? Il était douze heures. Depuis une heure, nous étions sans attaque et sans écho de poisson. Nous étions au milieu du lac juste à l’aplomb d’une cassure. Juste à ce moment, une violente attaque nous avait rapporté un premier brochet métré. A peine repartis, au même endroit, une seconde attaque avait ébranlé ma partenaire. Un second brochet métré avait été mis au sec. Comme dit le proverbe, jamais deux sans trois et peu de temps après, nous avions remis ça avec un troisième brochet métré. En quarante ans de pêche, je n’avais jamais connu une pareille aventure. Ce soir-là, un de mes amis irlandais m’avait dit : il suffit qu’ils donnent. Par la suite, nous n’avions plus rien pris sur ce secteur mais l’activité avait continué sur le reste du lac. A dix-huit heures, nous avions décidé de stopper cette journée de pêche unique et intense. Nous avions réalisé vingt-sept prises dont trois brochets métrés...

Un brochet

A la fin de notre séjour, notre impression concernant l’Irlande était redevenue positive. Nous avions retrouvé l’ambiance irlandaise que nous connaissions avant 2000. Ce qui était également nouveau, c’était l’intérêt que portaient les pêcheurs irlandais, anglais et les résidents slaves pour la pêche du brochet. Cependant pour l’avoir vu, les slaves n’avaient toujours rien changé à leurs mauvaises habitudes de pêcher pour manger !

Irlande 2013.

A notre arrivée, nous étions toujours en phase hivernale avec des vents forts du nord-est. Le frai en route depuis la fin février avait été interrompu début mars par une vague de froid accompagnée d’averses de neige. Ces conditions rarissimes avaient forcé les brochets à retourner dans les profondeurs. La pêche du brochet était à ce moment au plus bas. Lors de notre première journée, nous avions fait varier nos modes de pêche : lancer ramener, manié et traîne, le meilleur ayant été le lancer ramener au leurre articulé. Les attaques étaient franches mais sans défense. La deuxième journée avait été ensoleillée et venteuse. Après avoir débuté sans succès par une pêche à la traîne au poisson nageur, nous avions enchaîné par une pêche en dérive sur le fond. De suite, les brochets avaient répondu présents. Ils étaient visiblement là au plus bas de la fosse. En fin de journée, nous avions réalisé plusieurs beaux brochets dont un 115+.

Un brochet

Le lendemain matin, nous avions remis cela jusqu’en début d’après-midi, un second brochet métré ayant également été fait. Après quoi, les vents forts avaient arrêté la pêche. En fin de séjour, nous avions pu reprendre et terminer en réalisant une vingtaine de brochets modestes à l’exception de trois 90+.

Dans ces conditions, nous avions réalisé cinquante-neuf prises dont trois 90+ et deux métrés. Ce qui avait donné une session réussie. Hélas, nous avions encore une fois déploré la présence dévastatrice des résidents lithuaniens qui, pour vivre, pêchaient et se nourrissaient uniquement de viande de poisson ainsi que de son commerce. A l’époque, tout poisson pris était encore mis en filet et vendu sous le label « Filet de cabillaud » aux différents fast-foods irlandais…

Irlande 2014.

L’hiver 2013 avait été particulièrement pluvieux au point qu’il avait fallu remonter aux environs de 1750 pour retrouver de pareilles conditions météorologiques. Ceci avait eu pour conséquence de saturer les nappes phréatiques, de faire monter les niveaux d’eau des lacs et surtout de les maintenir largement au-dessus de la normale. Les brochets avaient quitté les profondeurs pour se stationner dans la végétation noyée rendant à ce moment sa pêche difficile. Cette année exceptionnellement, nous avions décidé de prendre le risque de faire deux sessions irlandaises. Risque car en dehors des très grands lacs, la recherche du gros brochet était toujours hasardeuse. Les irlandais en étaient conscients, en parlaient et se montraient plus attentifs. Hélas, le mal était fait.

Début mars, nous avions effectivement constaté que le niveau des eaux des lacs était très élevé, ceux-ci étant certainement cinquante centimètres au-dessus du niveau maximum. Les eaux étaient très belles et d’une limpidité exceptionnelle. Quant à la pêche, elle avait été très mauvaise. Elle avait permis de réaliser seulement dix-neuf prises dont un 95+. Il était difficile de porter un jugement sur cette session car au même moment, la pêche l’avait été également aux Pays-Bas et sur le lac Léman. Nous en avions retenu qu’un hiver froid était préférable à un hiver particulièrement pluvieux battu par des vents forts d’ouest.

A la mi-avril, nous avions retrouvé une Irlande ensoleillée et chaude. La végétation aquatique n’avait guère progressé mais les eaux s’étaient considérablement réchauffées et dépassaient en surface les 11°. Le frai du brochet était également terminé. Durant cette session, nous avions pu encore une fois vérifier que nos scores avaient été proportionnels à l’ensoleillement. Ceux-ci n’avaient jamais été inférieurs à quatorze prises par jour.

Un brochet

Pour notre dernière journée, les conditions de pêche avaient été exceptionnelles : nuit froide, vent léger du sud et ensoleillement dès le matin. Nous avions décidé de pêcher les bordures d’un très bon lac. Les brochets étaient très actifs. Bizarrement, sur un très bon poste, nous n’avions eu aucune attaque. Ceci nous avait paru étonnant car celui-ci était visiblement riche en poisson fourrage. Devant notre insuccès, nous avions observé et remarqué un reste de végétation formant un îlot. Pour avoir déjà vécu pareille situation, nous l’avions abordé avec beaucoup d’attention. Le premier lancé avait été le bon. Il s’en était suivi un combat violent mené par un brochet métré. Nous avions à peine repris qu’au même endroit et malgré le combat du premier, un deuxième brochet s’était également fait prendre. Cela ne nous avait pas étonnés. Par expérience, nous avions connaissance de ces brochets nomades vivant et chassant ensemble. A ce moment, la pêche était lancée et nous avions compris que nous étions dans un grand jour. De poste en poste, nous avions réalisé vingt-neuf prises au mort manié.

En conclusion, nous en avions pensé que ces deux sessions avaient été dans la continuité l’une de l’autre. La première avait été marquée par des brochets léthargiques en phase hivernale. L’activité de ceux-ci était très restreinte même au moment le plus chaud de la journée. Cinq semaines plus tard, le réchauffement des eaux ainsi que le frai les avaient stimulés. Ce qui nous avait permis de réaliser cent onze prises dont deux 90+ et un métré.

Un pêcheur d’Irlande.

Cette année, Pierre Perret avait fêté ses quatre-vingt printemps à l’Olympia. Ecrivain, poète et chanteur, il comptait à ce moment : 34 albums, six musiques de film et une vingtaine de livres dont Les poissons et moi. Ce que nous connaissions moins de lui, c’était sa passion pour la pêche en Irlande. Nous l’en remercions pour ces quelques mots sur la pêche.

Pierre Perret, pêcheur d’Irlande.